Témoignages

Voici 3 témoignages que je vous livre tels quels :

1.
« Ce que la fasciathérapie et le mouvement  m’ont apporté, c’est ce rapport à la matière, à ma matière.
Difficile de dire pourquoi réellement sentir mon corps a changé ma vie ! Petit à petit, je me sens debout. Petit à petit, je sens mes muscles relâchés. Petit à petit, je sens mes os. Petit à petit, je sens le lien entre ma peau et ce qu’il y a dessous. Petit à petit je sens le mouvement de la matière. Bouger selon trois axes, sans déplacer les pieds, est un plaisir qui me fait entrevoir la plénitude. Petit à petit je me tiens debout, je cours, je me déplace légèrement.
 
Les processus du corps poursuivent leurs cours. Ils ont une force et une persévérance, quoi qu’il arrive qui m’apaise, qui m’encourage, qui m’abrite. Maintenant je m’en rends compte. Je peux rester là, je n’ai rien à faire. C’est de la part de cette matière, un don de paix.
 
Je m’assois à l’intérieur de ma matière et petit à petit je sens le va-et-vient qui se fait, les poumons qui se vident et se remplissent, le sang, les os, les cellules qui naissent, vivent, se désagrègent. Ce que ce travail m’apporte, c’est que je peux vivre ce processus, en lien avec toute matière, même dans le monde comme les hommes le font et le détruisent. C’est en cela que je suis pour moi-même un abri.
 
D’aussi loin que je me souviens, j’ai toujours cherché l’autonomie, c’est-à-dire la recherche des moyens de comprendre ce qui arrive, à moi et au monde dans lequel je vis. Ces moyens ont évolué tout au long de ma vie. Dès la 1ère séance , j’ai pressenti que cette « démarche » était pour moi l’autonomie même. Ce travail me fait percevoir que l’indispensable à la vie pourrait être extrêmement réduit. Grâce à la lenteur et à la concentration, le temps peut s’étirer, l’espace s’expansé. Ces sensations m’apportent le sentiment d’autonomie, d’indépendance, de liberté. »
 

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 2.
« Voici quelques notes inspirées par ma pratique actuelle (et récente) de la Gymnastique sensorielle
 
Depuis cet automne, je participe à un cours hebdomadaire de Gymnastique sensorielle ; j’ai eu un certain nombre de séances individuelles de fasciathérapie. Ce que je peux dire d’emblée c’est que tout cela me fait du bien.

Comment être plus précise, voilà quelque chose qui me paraît plus compliqué. Arrêter sciemment et volontairement ma pensée sur un sujet précis c’est un exercice qui me réussit peu.
 
J’aime plutôt les divagations, les associations d’idées, les pensées papillonnantes et voletantes, intermittentes, changeantes et spontanées. J’ai par ailleurs souvent confondu pensée et sensation.
 
Etre à l’écoute de mon corps, de moi-même, a jusqu’à présent signifié essentiellement être à l’affût des image mentales surgissant en même temps qu’une sensation, des pourquoi et comment, des liens cachés ou visibles entre pensées, émotions, etc.
 
Me recueillir et me centrer sur les sensations réelles, ressentir sans verbaliser tout de suite, c’est une expérience que je n’ai faite, jusqu’à présent, ni volontiers, ni facilement.
 
Et c’est certainement là une des premières choses qui commencent à changer pour moi depuis ces quelques mois de pratique.
 
Les mots : sensations, mouvement intérieur, être avec, ressentir, ce que cela fait dans mon corps, etc., commencent à correspondre à des expériences concrètes, physiques.
 
Participer aux cours de mouvement m’amène à expérimenter des sensations nouvelles et très agréables comme la lenteur et une sorte de densité très plaisante qui me semble être à la fois dedans moi mais aussi autour de moi, dans le groupe.
 
J’aime l’atmosphère qui s’installe pendant les cours, cette sorte de concentration tranquille, détendue. Moi qui arrive au cours plutôt survoltée, des décibels plein la tête et en réfléchissant à 27 choses en même temps, j’en repars souvent calme, lente, songeuse, rêveuse et … silencieuse. J’aime retrouver ces aspects de moi.
 
Avec le recul, et en pensant aussi à l’apport des séances individuelles, je peux facilement constater que mon bien-être a augmenté. J’ai eu récemment l’agréable surprise de capter parfois un mouvement intérieur et d’arriver à le suivre un petit moment.
 
En écrivant ces mots, j’ai un peu l’impression d’être devant un monde insoupçonné et douillet, une piscine d’eau tiède dans laquelle il fera bon de plonger. »
 

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3.
« Quand je m’étends sur la table un effet rapide de déconnexion avec le monde extérieur se produit. Je suis en moi. Je sens le mouvement lent, doux et si profond. Je ressens les effets sur moi. Je me sens bercée tout en douceur jusque dans mes organes internes. Je me sens en paix, en confiance, en sécurité. Mes pensées vagabondent, elles vont de mon ressenti à des faits extérieurs.
 
Je prends conscience de ce dont je suis faite. De ma conscience, qui vit là-dedans, à travers un mouvement léger et perpétuel qui me maintient en vie. Comme l’univers mais c’est mon corps. Je retrouve la paix, mon rythme originel.
 
Soudain je pense à ce que j’ai perdu à travers ma vie… Mon rythme est bousculé. Je suis émue, très émue de l’avoir ressenti : toute cette conscience soudainement venue à moi, dans la détente »
 





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Photos : Manuela Thames